| Les Ouïghours déstabilisent la Suisse |
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| Écrit par Administrator |
| Mercredi, 13 Janvier 2010 09:30 |
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BERNE: la Suisse hésite encore à ouvrir la porte aux deux frères ouïghours innocentés par les Etats-Unis. Deux clans s'affrontent sous le regard des Chinois et des Américains.
A qui vaut-il mieux prendre le risque de déplaire? A la Chine ou aux Etats-Unis? Au-delà des motifs humanitaires qui justifient l'accueil par la Suisse des deux frères ouïghours détenus à Guantanamo, c'est à cette question que le Conseil fédéral doit répondre. Sa décision n'est pas facilitée par les prises de position contradictoires des milieux politiques. La commission de politique de sécurité du Conseil national lui a recommandé hier par 15 voix contre 10 de ne plus accueillir aucun ex-détenu. «La majorité préfère se fâcher avec les Etats-Unis plutôt qu'avec la Chine», reconnaît le vice-président de l'UDC Yvan Perrin. Par contre, le groupe parlementaire pour les droits humains demande au Conseil fédéral de résister à la campagne de dénigrement des autorités chinoises. «Nous nous sommes engagés envers les Etats-Unis», rappelle la sénatrice jurassienne Anne Seydoux-Christe (PDC), coprésidente de ce groupe qui rassemble une soixantaine de députés.
Le Jura attendLa décision n'est pas seulement entre les mains du gouvernement. Elle dépend aussi du Jura qui est l'un des deux cantons disposés à recevoir d'anciens détenus de la prison située dans une base américaine à Cuba. Genève ayant déjà fait sa part en accueillant un Ouzbek, le Jura est le seul canton qui puisse recevoir les frères ouïghours. «La conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf rencontrera les autorités jurassiennes à la fin du mois de janvier, a indiqué le porte-parole du Département fédéral de justice et police Guido Balmer. Il n'y aura pas de décision définitive avant cette date». Contacté hier, le conseiller d'Etat jurassien Charles Juillard affirme que c'est d'abord au Conseil fédéral de procéder à une nouvelle évaluation de la situation en fonction des éléments les plus récents. Il cite à cet égard le préavis de la commission, les pressions chinoises qui qualifient les deux hommes de «terroristes présumés», ainsi que la participation supposée ou avérée d'anciens détenus dans la préparation d'attentats. «Nous devons aussi discuter des modalités d'accueil. Il faut déterminer si nous disposons des structures d'accueil nécessaires. Je vous rappelle que nous avions offert de recevoir un ex-détenu et pas deux». Aucune chargeCes tergiversations n'ébran-lent pas Alain Bovard, juriste auprès de la section suisse d'Amnesty International. «Les deux frères ouïghours n'ont pas été arrêtés en situation de combat et ils n'ont jamais suivi d'instruction militaire, souligne-t-il. Cela fait déjà plusieurs années que les Etats-Unis ont reconnu qu'ils n'avaient rien à leur reprocher». Bahtiyar Mahnut, 33 ans, et son frère Arkin, 45 ans, sont détenus à Guantanamo depuis huit ans. Ils sont originaires de la région ouïghour du Xinjiang qui fait l'objet d'un processus de sinisation comparable à celle du Tibet, à la différence près que la religion dominante est l'islam et non le bouddhisme. A la recherche d'une vie meilleure, le plus jeune frère a tenté sa chance en Pakistan puis en Afghanistan où il a rejoint une petite communauté indépendantiste ouïghour. Pris sous les bombardements américains de fin 2001, il est retourné au Pakistan. Il a alors été vendu aux troupes américaines qui avaient lancé une campagne de délation. Il en va de même de son frère qui était parti à sa recherche. La Suisse ayant décidé de répondre à l'appel du président américain Barack Obama qui cherchait des pays d'accueil pour les détenus aptes à la libération, Berne a envoyé l'an dernier à Guantanamo un groupe de travail interdépartemental. Les deux hommes ont été sélectionnés en compagnie de l'Ouzbek déjà attribué à Genève parce qu'ils ne présentaient aucun risque de sécurité. © LeNouvelliste.ch |
| Mise à jour le Mercredi, 13 Janvier 2010 09:36 |






