Chine: Deux Ouïghours expulsés du Cambodge condamnés à la prison à vie
Vendredi, 27 Janvier 2012 22:16
Deux Ouïghours expulsés du Cambodge vers la Chine il y a deux ans ont été condamnés à la prison à vie, rapporte ce vendredi la radio à capitaux américains Free Asia.
Les deux hommes faisaient partie d'une vingtaine de membres de la minorité musulmane du Xinjiang, en Chine occidentale, ayant demandé l'asile à la suite des émeutes entre Ouïghours et membres de l'ethnie Han, majoritaire en Chine, à Urumqi en juillet 2009. Leur expulsion par Phnom Penh avait été amplement critiquée par les groupes de défense des droits de l'homme. Deux jours après leur extradition en décembre 2009, le vice-président chinois Xi Jinping s'était rendu à Phnom Penh pour signer 14 accords commerciaux d'un montant total de 850 millions de dollars.
Radio Free Asia a dit tenir ses informations sur leur condamnation de sources familiales et pénitentiaires au Xinjiang. Elle n'a pas précisé la date ni les raisons de leur condamnation. Un porte-parole du gouvernement du Xinjiang a dit ne pas avoir eu connaissance du jugement. (C) 20minutes.fr
Message de la présidente du Congrès mondial Ouïghour -- Rebiya Kadeer
Dimanche, 15 Janvier 2012 00:00
Pékin annonce la mort de sept "terroristes" dans le Xinjiang
Mercredi, 04 Janvier 2012 21:32
Une opération menée par la police chinoise dans le Xinjiang mercredi soir s'est soldée par la mort de sept membres présumés d'un "groupe terroristeviolent". C'est ce qu'a indiqué le gouvernement régional après avoir annoncé la libération de deux otages, enlevés dans le comté de Pishan, dans le sud de cette région instable du nord-ouest de la Chine qui compte une large population musulmane. Et de préciser sur leur compte de microblog qu'un policier a été tué et quatre "suspects" ont été blessés et arrêtés au cours de cette opération.
UNE MINORITÉ ETHNIQUE EXCLUE
Cette région, frontalière de huit pays aux confins de l'Asie centrale, est depuis des années une zone sensible pour Pékin aux prises avec une insurrection larvée et des violences sporadiques motivées notamment par des revendications sociales.
Les autorités chinoises, qui maintiennent une très forte présence policière au Xinjiang, accusent les "trois forces" de "l'extrémisme, du séparatisme et du terrorisme" de tenter de déstabiliser la région. Les spécialistes étrangers du terrorisme jugent toutefois improbable l'existence de cellules terroristes organisées dans cette région reculée.
La principale minorité ethnique du Xinjiang, ses près de neuf millions de Ouïghours, des musulmans turcophones, se plaint d'être exclue du développement de la région autonome riche en ressources naturelles et d'être victime d'une discrimination religieuse et culturelle. On ignore si les preneurs d'otage de Pishan, situé à 1 800 km au sud-ouest de la capitale régionale, Urumqi, aux portes du désert du Takla-Makan, étaient d'ethnie ouïghoure.
L'avocat et dissident Gao Zhisheng exilé dans le Xinjiang
Mercredi, 04 Janvier 2012 21:30
La Chine a emprisonné un de ses dissidents les plus connus, l'avocat Gao Zhisheng, dans la lointaine province du Xinjiang, indiquent, dimanche 1er janvier, son frère et une association de défense des droits de l'homme, première indication depuis 20 mois sur son lieu d'enfermement.
Gao — qui a défendu des chrétiens dissidents et des mineurs de charbon— avait été arrêté en février 2009 par les autorités chinoises qui lui avaient interdit de communiquer. Il avait été brièvement libéré en mars 2010, puis avait à nouveau disparu et on était sans nouvelle de lui depuis. "J'ai reçu la lettre contenant la décision ce matin, qui disait que Gao Zhisheng est à la prison de Shaya dans le Xinjiang", a déclaré son frère Gao Zhiyi. Le document émane d'un tribunal de Pékin, a-t-il ajouté.
Sous couvert de laïcité et d'antiterrorisme, Pékin entretient une forte suspicion vis-à-vis de l'islam modéré du Xinjiang. Dans cette province de l'Ouest, la liberté religieuse reste très théorique.
Kachgar. Correspondance
Ce vendredi-là, des petits Ouïghours - principale ethnie musulmane - vendent des tapis de prière pour 1 €. Nous sommes à Kachgar, devant la mosquée d'Id Kah, la plus grande du pays. Presque 15 h, l'heure de la prière. À l'extérieur de la mosquée, pleine à craquer, les retardataires se pressent.
Les Ouïghours, encore majoritaires à Kachgar, semblent jouir d'une grande liberté religieuse. Contrairement aux Han - l'ethnie principale - n'ont-ils pas la «chance» de pouvoir avoir deux enfants ? Les élèves ne bénéficient-ils pas d'un bonus au bac ? Mais c'est faire fi de ce pacte faustien : l'ascension sociale est permise, à condition d'abandonner sa propre culture, notamment religieuse. Depuis 2005, fonctionnaires, médecins, étudiants sont interdits de mosquée, sous peine de perdre leur position.
«La liberté de croyance n'est qu'apparente, confie, sous le nom d'Angel, une jeune diplômée ouïghoure, non voilée. Une de mes amies de l'université de Kachgar, accusée de jeûner lors du dernier ramadan, a dû rédiger son autocritique. Quelqu'un avait cru qu'elle mangeait avant le lever du soleil, à cause du bruit dans sa chambre. Mais elle était allée aux toilettes!»